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Là ou la qualité s’entend

CHRONIQUES

Les câbles

Un simple fil de lampe n’a comme fonction que de transmettre le courant à l’ampoule pour qu’elle brille. On connaît également l’avantage d’une bonne extension de gros calibre qui offre un bon rendement à un outil à moteur.

Ceci dit, j’aimerais vulgariser la différence technique de l’usage de câbles de liaison dans une chaîne stéréophonique. Ici le courant transporte de la musique plutôt qu’un courant alternatif de 60Hz (cycle par secondes). La fréquence de la musique varie de 20 à 20,000Hz. Cela correspondant à ce que peut entendre notre oreille, en plus de nous parvenir par pulsations avec de fortes amplitudes et des montées excessivement rapides, d’où le besoin de technologies particulières pour ces câbles. Donc, pour un meilleur transfert en musique, la matière conductrice, en général le cuivre, a intérêt à être la plus pure possible (près du 100%). On entend parfois le terme  »oxygen free », car l’air oxyde le métal du conducteur et cause de l’impureté.

Pour augmenter la conductivité, on utilise l’argent, qui est un supraconducteur. L’or, en passant, est semblable au cuivre mais avec l’avantage de ne pas oxyder  En raison de son prix, on rencontre habituellement du cuivre pur plaqué argent car l’échange des électrons se fait en périphérie  puis sous une couche plus profonde par la suite. Le conducteur en argent pur demeure cependant un délice pour les oreilles.

Même au niveau des prises de connexion ou pour les contacts de sélecteur, l’argent est supérieur à l’or car son oxydation n’altère pas l’efficacité par rapport à celle du cuivre.

Fil d’alimentation « Power cord » :

On pourrait penser que dans ce fil, il ne circule pas de musique, mais la demande en courant à l’Hydro-Québec est proportionnelle au signal du lecteur. Aussi, en pratique, on a de meilleurs résultats lorsque ce fil est blindé  »shielded’, contre les parasites extérieurs émis dans les airs. L’usage de filtres antiparasites et d’un transformateur suppresseur de bruit coupera les modulations indésirables sur la ligne causées par des moteurs ou autres. Tous ces artifices, additionnés à l’usage de l’argent, ajouteront plus de douceur et d’image à la musique. J’entends par « image », plus de profondeur et d’effet spatial. Un exemple précis : j’ai déjà observé plus d’amélioration avec un bon fil d’alimentation à 250 $ qu’avec un interconnect à 450 $, de même technologie.

L’interconnect : (à ne pas négliger)

Ici, plusieurs technologies ou philosophies peuvent être utilisées mais comme le dit l’adage: « on en a toujours pour notre argent ». Je fais un jeu de mot avec « argent » car en musique, ce métal fait des miracles. Il est évident qu’un interconnect à 2000 $ sera supérieur à celui à 100 $ mais en pratique, il ne serait pas rentable que ce câble de liaison dépasse de 50 % la valeur de l’appareil. Ex. : des fils de 700 $ sur un lecteur à 1400 $ ou des fils à 2000 $ sur un lecteur à 7500 $ serait un maximum raisonnable.

Les câbles de haut-parleurs :

Ici, il y a une circulation de courant beaucoup plus intense générant un champ magnétique alentour du câble. Pour éviter cette interaction entre les deux fils qui se rendent aux bornes des enceintes acoustiques, il doit y avoir une certaine distance entre les deux conducteurs, comme entre les fils des pylônes de l’Hydro, mais dans notre cas, un à deux cm est idéal. Fuyez comme la peste le fil à haut-parleurs qui serait rapproché comme du fil à lampe car le courant circule en sens contraires entre les deux conducteurs et l’opposition entre les champs de force magnétique influence perceptiblement le son. À cause de la grosseur ou de la longueur des câbles, on se contentera de fils plaqués en argent à ce niveau pour l’audiophile exigeant.

La salle d’écoute

J’ai déjà entendu un piano à queue de 200 000 $ dont l’écoute était pénible dû à la salle qui se rapprochait plus d’une cafétéria que d’une salle de concert. Donc, la salle d’écoute fait partie intégrante de notre chaîne stéréo. Ce maillon, influencé par notre goût personnel, va déterminer quel type de lecteur, d’amplificateur ou d’enceintes acquérir. Mais moi, je préfère penser à l’inverse en adoptant la pièce adéquatement pour une chaîne stéréo de qualité, sinon on se trouve à acheter un appareil ayant un défaut contraire pour combiner avec une salle problématique. Si vous receviez des musiciens à la maison, vous n’iriez pas modifier le son de leur instrument pour les adapter à votre appartement. Rassurez-vous, cette chronique n’a pas pour but de faire tasser les murs pour atteindre des dimensions idéales, non plus de créer le branle-bas de combat afin de tout réaménager de but en blanc, mais simplement de donner quelque truc pour améliorer l’écoute sans devoir reconstruire le foyer ailleurs. Premièrement, on essaiera de s’approcher d’un temps de réverbération moyen, c.- à-d. ni trop écho comme une église ou dans l’autre extrême, trop feutré, comme un studio d’enregistrement où la fonction n’est pas l’écoute globale de la musique, mais l’enregistrement de chaque musicien séparément avec chacun leur microphone. En fait, il faut un juste milieu ; un plancher en bois franc, un mur de brique et de grandes fenêtres occasionnent de multiples réflexions indésirables où découlera un son agressant. Alors qu’à l’inverse, un tapis épais a grandeur de la pièce avec des tentures plein mur étoufferont le son en offrant une musique sans vie (manque de présence). Si vous avez un plancher en parqueterie ou des tuiles, le simple ajout d’un tapis ovale situé au point de réflexion des enceintes sur le plancher et à l’endroit où vous êtes assis pour écouter apportera une grande amélioration. Si l’appartement est petit, je suggère d’ajouter sur les murs de chaque côté, aux points de réflexions, soit des panneaux acoustiques, des carpettes décoratives ou encore une pièce de macramé à votre goût pour les absorber. Également, sur le mur à l’arrière de votre tête s’il est proche, et le mur à l’arrière des enceintes.

La position des enceintes est primordial pour reconstituer la même image sonore en largeur et profondeur.

Largeur : on aime bien avoir le plus d’effet spatial possible (en espassant les enceintes) mais aussi percevoir la chanteuse bien au centre comme s’il y avait une enceinte au milieu. (Si ce n’est pas le cas, il faut rapprocher les enceintes.) La symétrie est donc nécessaire même pour le câblage ; si les appareils ne peuvent être situés entre les deux enceintes (ce qui est idéal afin d’utiliser les câbles les plus courts possibles) les câbles gauche et droit doivent être de même longueur pour ne pas affecter l’image stéréophonique. La distance entre les deux enceintes varie de sept à neuf pieds selon la grandeur de la salle d’écoute. Il est préférable d’être assis plus loin que cette distance pour ne pas sentir un trou entre les deux haut-parleurs.

Profondeur : dans un orchestre symphonique, la distance entre les violons à l’avant et les cuivres à l’arrière est facilement une vingtaine de pieds. Pour recréer cet effet, il faut décoller les boîtes du mur de deux pieds minimum et à mesure qu’on augmente cette distance, l’amélioration est énorme. Autrement, on a l’impression que tous les instruments proviennent du mur et les sons n’ont aucune profondeur. Aujourd’hui, pour accentuer l’effet de profondeur, les fabricants d’enceintes conçoivent les cabinets pas beaucoup plus large que les haut-parleurs même.

Combiner ces suggestions avec des appareils haut de gamme de précision permet de situer parfaitement chaque musicien. Communiquez avec moi, il me fera plaisir de vous conseiller pour toute situation particulière.

Le « Sub »

L’ajout d’un caisson d’extrême grave pour un cinéma-maison est intéressant, mais pour une chaîne stéréophonique où l’usage est l’écoute musicale, je dis: « non! » Voici deux raisons : Premièrement cela détruit l’image stéréophonique. Ex. Comme on peut, par deux microphones, enregistrer un petit « Jazz Band » ou un grand orchestre symphonique, on reconstituera également par deux enceintes acoustiques et non trois. L’image sonore vient du fait qu’on peut avoir une chanteuse à l’avant ou une chorale à l’arrière, ou encore des violons à l’avant et des cuivres à l’arrière. C’est ce qu’on appelle la profondeur. Et l’autre paramètre au niveau de la largeur avec des instruments différents à la gauche de la droite et du centre. Ainsi, un haut-parleur subsonic comme troisième source sonore viendrait créer une confusion et détruire cette précision de l’image qui nous fait ressentir chaque musiciens à sa place, comme s’ils étaient présents.

Deuxièmement, c’est que beaucoup d’instruments ont un registre de fréquence à la fois bas et haut. Imaginez donc l’effet désastreux qu’auraient certaines notes du même instrument, entendues par vos deux enceintes principales , en même temps que par celles de votre boite « sub » et ce, à un endroit différent! Le timbre sera également différent en raison de l’utilisation d’un tout autre type de haut- parleur. Techniquement parlant, si votre « sub » est coupé à 50 cycles par seconde (Hertz) et que la plus basse note d’un piano vibre à 27.5Hz, au gré de la mélodie le piano se promènera en deux endroits par haut-parleurs différents.

Pour ce qui est d’un cinéma maison, c’est bien autre chose. Ce n’est pas la même minutie pour la trame sonore d’un film. L’approche est différente, on n’est plus spectateur devant un orchestre, on fait partie du film avec les acteurs et ont vit la situation à leur place. On est donc au milieu de la scène créée par l’ensemble des hauts-parleurs placés dans tous les coins de la pièce. Dans ce cas, l’ajout du haut-parleur subsonic aidera au réalisme. Par exemple, les grondements de tremblement de terre ou les pas d’un dinosaure dans  »Jurassic Parc », sans oublier les explosions et les coups de tonnerre. On aura intérêt, pour reproduire avec réalisme ces effets sonores spectaculaires, à se procurer un caisson d’extrême grave épais, avec un haut-parleur dont le cône ne se déformera pas sous de violents impacts. Appuyés par un puissant ampli dont l’amortissement (damping) est très élevé, les frissons sont garantis.

Souvent, les  »sub » populaires, (en bas de 1000$), donnent un son mou dû à des composantes qui ne sont pas à la hauteur. Venez faire l’expérience d’une basse ferme! En conclusion, la chaîne stéréophonique et le cinéma-maison sont deux mondes différents; lorsque vous voulez savourer une pièce musicale, éteignez votre  »sub » et ayez plutôt une paire d’enceintes qui creusent naturellement.